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Les pays scandinaves m’ont toujours attiré et c’est donc naturellement que je me suis tourné vers Aventure bushcraft nature pour une expédition en Laponie.

Janvier 2021, me voilà dans le train en direction de Paris, dans l’avion pour HELSINKI, puis IVALO où je passerai ma première nuit sur le territoire finlandais. Je suis arrivé au Ivalo River camping, un petit chalet rouge m’y attend pour me reposer de mon long voyage. Je peux déjà apercevoir quelques aurores boréales au loin. Je me sens bien, je me sens libre et heureux de vivre.

Je marche en direction d’INARI où je dois rejoindre Jean Michel, le responsable de l’expédition. Sur le chemin, un énorme VAN 4X4 avec deux Allemands s’arrête à ma hauteur pour me demander où je vais comme ça par un froid de canard. INARI n’étant pas leur destination, ils hésitent avant d’accepter ce détour. Me voilà à présent auprès de mes futurs camarades avec qui je vais passer 10 jours à explorer une partie du lac gelé d’INARI. Les pulkas sont pleines de provisions pour tenir 10 jours dans la toundra lapone. Ici, nous sommes au cœur de la culture lapone de Finlande. On ressent une véritable atmosphère de petit village traditionnel et artisanal du peuple sàmi. Avec sa beauté, le lac d’INARI JARVI en finnois est la troisième plus grande étendue d’eau du pays. Nous allons sillonner une infime partie de cet environnement hostile. Ici, les températures peuvent descendre jusqu’à -50°C. D’ailleurs, cette nuit je dors dans ma tente sur le lac gelé après un bon repas et un magnifique spectacle d’aurores boréales.

Cette nuit-là, il fait -36°C, je peux entendre les doux chants de la glace qui travaille sous ma tente. Quand soudain, un craquement vient de loin et passe sous mon corps. Nul doute qu’une légère fissure vient de s’ouvrir sous l’effet du froid intense. Le lac compte 3318 îles et sur la plupart d’entre elles, l’État finlandais a placé des chalets ou refuges pour abriter les pêcheurs et touristes du lac. Chaque semaine, les gardes vident les poubelles et les toilettes sèches. Ils y fournissent également des bûches de bois pour lutter contre la dégradation du patrimoine et de l’environnement du lac. Une initiative que je salue largement et qui serait malheureusement impossible dans un pays tel que le nôtre. Triste réalité de notre mentalité.

Aujourd’hui, nous restons près de la cabane, appelée également cota. Le projet, c’est de récupérer un peu d’énergie et de tenter de pêcher au trou. En tant que Breton, je me porte volontaire pour cette activité technique où patience et persévérance feront de moi le pêcheur de l’expédition. Pour cela, je dois faire un trou avec notre tarière achetée quelques jours plus tôt sur un marché et attendre patiemment un brochet gourmand. Bingo, j’éclate de joie et lève ma ligne assez haut pour montrer ma prise à mes deux camarades. Un brochet s’est laissé attendrir par mon appât. Malheureusement, il ne fera pas la taille nécessaire pour nourrir notre trinôme.

Le soleil se lève sur le lac gelé, nous sommes déjà en route pour rejoindre une autre cota sur une autre île. Je marche en tête dans une poudreuse bien fraîche tombée toute la nuit. Il nous reste quelques kilomètres à faire avant d’atteindre notre cabane. Personne ne l’occupe, je prépare mon lit pendant que Jean Michel allume le feu. Il est 16h et la nuit tombe quand on aperçoit des silhouettes s’approchant de notre abri. Deux filles se présentent à nous, elles sont tchèques. Ce soir-là fut le meilleur de nos soirées, à rire, chanter dans nos langues respectives avant de reprendre la route chacun de notre côté.

Je garderai un souvenir impérissable de ce voyage au cœur du peuple sàmi et pour cela un grand merci à toi Jean Michel.